Le nombre des macrophages dans les biopsies serait prédictif de la réponse au traitement dans la maladie de Hodgkin (MH). Les auteurs de cette étude publiée dans le NEJM (excusez du peu) ont analysé le profil d’expression génique de 130 biopsies tumorales de MH au diagnostic. Tous ces patients avaient reçu de l’ABVD en première ligne. Le suivi médian est de 3.9 ans. L’analyse a comparé les patients ayant rechuté à ceux qui n’ont pas rechuté. Les patients ayant rechutés ont une surexpression des gènes liés aux macrophages, aux monocytes, à l’angiogénèse, aux adipocytes, aux cellules de reed-Sternberg et une sous-expression des gènes liés au centre germinatif. Parmi les 27 gènes les plus significativement modifiés, MMP11 est le plus discriminant. MMP11 est relié aux macrophages dans les tissus tumoraux. Les auteurs ont ensuite analysé par immunohistochimie des prélèvements issus d’une autre cohorte de patients (166) afin de valider plusieurs marqueurs identifiés comme prédictifs de la rechute sur la première cohorte parmi lesquels MMP11 et le CD68 (pour les macrophages). Selon le nombre de cellules exprimant le CD68, les patients sont classés en 3 groupes (<5% ; entre 5 et 25% et >25%). En analyse multivariée, le pourcentage de cellules CD68+ influence significativement la survie liée spécifiquement à la maladie (délai entre la date du diagnostic et le décès lié à la MH ou à son traitement) à 10 ans (59.6% vs 67.4% vs 88.6%) mais pas la PFS. L’analyse révèle aussi qu’aucun des patients avec une MH de bon pronostic (n=41) et un pourcentage de CD68+< 5% n’est décédé de sa MH. Le CD68+ reflet de l’infiltration tumorale par les macrophages pourrait donc être un marqueur de survie important dans la MH qui pourrait aider à adapter la stratégie thérapeutique.
Rédacteur : Steven Le Gouill